Comment relancer l’investissement pour stimuler la croissance ? Conférence-débat du 23 juin 2016

Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique
Agnès Bénassy-Quéré, présidente déléguée du Conseil d’analyse économique
Jean-Pierre Clamadieu, président du comité exécutif de Solvay et CEO
Philippe d’Ornano, président du directoire de Sisley et co-président du METI

Animé par Nicolas Barré, directeur de la rédaction des Echos


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Reconstituer les marges des entreprises et renforcer l’investissement de long terme

Emmanuel Macron voit dans le léger accroissement de l’investissement relevé en juin par l’Insee, pour partie, l’effet des allègements de charges réalisés entre 2014 et 2016. Ils ont permis aux entreprises de reconstituer leurs marges, condition préalable à toute relance de l’investissement. Deux autres facteurs expliquent ce réinvestissement: l’amélioration relative de la compétitivité-coût par rapport à l’Allemagne et l’environnement actuel de taux bas, qui incite les entreprises à investir. Mais, comment aller plus loin?
Philippe d’Ornano estime que le système fiscal français ne favorise pas l’investissement de long terme. Les dispositifs fiscaux bloquent les transmissions et entravent la stabilité des investisseurs. Or, investir sur le temps long, rappelle Emmanuel Macron, est la clé du développement des entreprises. Il faut renouer avec le capitalisme de long terme, notamment le capitalisme familial qui s’érode en France pour deux grandes raisons: une surpondération des régulations et un environnement fiscal défavorable.

Créer un environnement favorable à l’investissement productif

Face à cette situation, tout l’enjeu est de parvenir à sécuriser et à stimuler ceux qui souhaitent réinvestir. Le compte entrepreneur investisseur, qui permet de réinvestir le capital, est un premier pas. Quelles pourraient être les prochaines étapes? La plus urgente: taxer différemment le capital productif, qui fait gravement défaut à notre économie. Il faut créer un environnement fiscal favorable aux acteurs du temps long: les salariés, les investisseurs individuels, les institutionnels, etc. Selon Emmanuel Macron, trop longtemps en France on a favorisé le capital dormant plutôt que le capital productif. Le résultat est qu’aujourd’hui, notre économie protège trop la rente n’encourage pas la prise de risque.

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Un écosystème fiscal handicapé par la taxation des dividendes et l’ISF

Philippe d’Ornano appelle à davantage d’ambition et à favoriser non pas uniquement le réinvestissement mais l’investissement global. Il rappelle que le nombre d’investisseurs individuels a été divisé par deux ces cinq dernières années, que la transmission d’entreprises s’est dégradée, qu’elle est désormais deux fois plus coûteuse qu’il y a quatre ans… Emmanuel Macron partage ce diagnostic tout en rappelant que l’écosystème français a vu sa compétitivité améliorée sur plusieurs points: les plus-values immobilières ou l’achat d’actions (grâce à la loi croissance activité) notamment. Néanmoins, deux problèmes restent à résoudre: la taxation des dividendes et l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) sur les parts d’entreprises.

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