XVM1f014d20-c5c0-11e5-abc3-c9fb7240c549Véritable poumon de l’économie allemande, les ETI sont trop peu nombreuses en France. Elles ont pourtant créé 1300 emplois nets chaque mois dans l’Hexagone sur les sept dernières années.

Alors que la France a encore enregistré en décembre une nouvelle hausse des demandeurs d’emplois et que le gouvernement ne sait plus à quel saint se vouer pour inverser la courbe du chômage, une catégorie d’entreprise bien précise continue à recruter: les entreprises de taille intermédiaires (ETI). Ces grosses PME, souvent industrielles, familiales, tournées vers l’export et chantres du «made in France», sont le poumon de l’économie allemande. Trop peu nombreuses en France (moins de 5000 contre plus de 12.000 outre-Rhin), les ETI confirment pourtant depuis sept ans, leur rôle d’amortisseur de crise avec 1300 emplois nets créés chaque mois, principalement en régions. Elles s’affirment de loin la locomotive de l’emploi sur cette période. Sans compter qu’elles participent à tout un écosystème dans les territoires. Les ETI ont aussi participé à des levées de fonds avec de très belles stars du numérique et de la high tech comme Parrot, Deezer et ShowRoom Privé.

Sur le front de l’emploi, l’année 2015 se révèle même meilleure que les deux dernières années (2013 et 2014). Après une nette érosion des créations d’emplois ces deux dernières années dans les ETI (7431 en 2013 et surtout 5620 emplois créés en 2014), la dynamique est repartie avec plus de 18.000 emplois nets créés en 2015, révèle l’observatoire Trendeo pour le Mouvement des entreprises de taille intermédiaires (Meti). Il s’agit d’un sursaut, léger mais net. Pour autant, on ne parvient pas en 2015 à revenir au niveau de 2011 (27.560 emplois) et surtout de 2010 (29.976).
Améliorer la compétitivité

Alors que la France a créé 57.000 emplois marchands en 2015, l’Allemagne a créé dans le même temps 482.000 emplois, l’Italie 288.000 emplois, l’Espagne 610.000 emplois. «On sait que dans ces pays ce sont les PME et les ETI de croissance qui signent ces bons chiffres de l’emploi. La certitude c’est qu’on pourrait faire largement mieux et accélérer encore l’emploi dans les ETI en France», analyse Alexandre Montay, secrétaire général du Meti.

Comment faire mieux? «Il faut améliorer leur compétitivité en appliquant en matière d’emploi les recettes combinées qui ont fonctionné chez tous nos voisins: baisse du coût du travail, dégressivité de l’Assurance chômage, recours massif à l’apprentissage et réforme du contrat de travail pour plus de prévisibilité», affirme Alexandre Montay. Il y a urgence à agir car les chiffres de l’observatoire ATH (association de cabinets d’audit et de conseil) de novembre dernier sont inquiétants: depuis 2008 les ETI ont vu leur résultat d’exploitation baisser de 15%, malgré l’effet du CICE en 2013 et 2014. Il est vrai qu’elles sont la catégorie d’entreprises qui, en volume, en bénéficient le moins.

Article de Marie-Cécile Renault, Le Figaro, publié le 28/01/2016

http://www.lefigaro.fr/emploi/2016/01/28/09005-20160128ARTFIG00213-les-entreprises-de-taille-intermediaire-ont-cree-18000-emplois-en-2015.php