Investissements: “un bon diagnostic, une réponse concrète” selon les entreprises de taille intermédiaire

Les entreprises de taille intermédiaire ont salué mercredi un “bon diagnostic” et “une réponse concrète”, après l’annonce par Manuel Valls d’un coup de pouce fiscal de 2,5 milliards d’euros sur cinq ans aux entreprises pour favoriser leur investissement.

“Le gouvernement fait un bon diagnostic: l’investissement c’est le nerf de la guerre et il est urgent de l’encourager”, a déclaré à l’AFP Philippe d’Ornano, président de l’Asmep-ETI, qui représente les entreprises de taille intermédiaire (ETI, 250 à 4.999 salariés).

“Pour une fois la réponse est concrète, simple et visible pour les entreprises: pas de seuils, pas de paperasse importante, une mise en oeuvre immédiate, tout cela est vraiment à saluer”, a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a annoncé mercredi une série de mesures pour relancer l’investissement des entreprises, encore trop atone, dont cette mesure qui consiste à encourager les entreprises à investir dans des équipements entre le 15 avril 2015 et le 15 avril 2016, moyennant la possibilité de déduire de leur bénéfice imposable un montant équivalent à 140% de la valeur de leur investissement, sur une durée moyenne de cinq ans.

“La mesure est pertinente mais conjoncturelle”, a tempéré M. d’Ornano. “Votre investissement ne se détermine pas uniquement par le fait qu’on vous fait un rabais sur celui-ci. Si vous êtes une entreprise, vous investissez parce que vous pensez que vous avez la possibilité de vendre un produit qui va être compétitif”, a-t-il poursuivi.

“L’Etat doit avoir conscience qu’on est en économie ouverte. Au-delà d’une mesure conjoncturelle, la question qu’on doit se poser est: +Est-ce que les entreprises françaises sont placées dans leur environnement dans un état où en économie ouverte elles sont en concurrence raisonnable avec leurs voisins européens ?+”, a-t-il expliqué. M. d’Ornano fait allusion à “trois grands domaines: le poids global de la fiscalité, le coût complet du travail et le poids des normes”.

Un “point de réserve”: le délai très bref donné aux entreprises, qui peut “vider la mesure de sa substance” si “la date à laquelle l’investissement est pris en compte” par l’Etat est mal choisie, car un projet industriel “met quasiment deux ans à se mettre en place”. “On attend donc d’en savoir plus sur ce point”. “Si le fait générateur c’est la livraison de la machine et son paiement définitif, le dispositif tombera à l’eau. Si c’est la date de la commande, c’est jouable”, estime-t-il.

© AFP 8 avril 2015